Diagonale des fous

Assistance Diagonale des Fous

Ne pas déranger
Ne pas déranger

Assistance Diagonale des Fous – carte et ravitos

Carte assistance Diagonale des Fous – En rouge : impossible

L’assistance sur la Giagonale des Fous se prépare aussi.
Il est possible de louer une balise GPS Captur via SFR pour 29€ ou 99€ à l’achat (+10€ livraison, uniquement Réunion). Mais je ne vous conseille pas la location, il y a un décalage de 15 minutes et vous ne pouvez pas récupérer votre tracé. Live trail est très bien pour le suivi live et c’est gratuit.

ATTENTION il est fortement conseillé d’avoir une assistance, car il n’y a pas de rapatriement comme on peut le définir en France. L’organisation ne « rapatrie » les concurrents ayant abandonné que de Cilaos (vers Saint Louis), de Deux-Bras (vers La Rivière des Galets) et au départ du sentier Scout vers Grand Ilet. Il est donc fortement recommandé d’avoir de l’argent et un téléphone portable avec soi. Pour les abandons/hors délais dans Mafate, tout accès en voiture est impossible. Vous devrez donc vous débrouiller vous-même pour sortir du Cirque. Il y a donc beaucoup d’abandons à Cilaos, car si vous n’avez pas 1h d’avance sur la barrière d’horaire c’est risqué. Seuls les concurrents incapables de se déplacer pour cause de blessure pourront être pris en charge par l’hélicoptère.

L’organisation met à disposition un service de navettes gratuites pour accéder à certains postes dont l’accès est difficile. Cela permet de laisser sa voiture sur un parking et d’éviter de faire les derniers kilomètres à pied. Mais ce n’est pas une solution pour suivre un coureur, comme peu le proposer l’UTMB.

Assistance Diagonale des Fous – Les indispensables

Vous trouverez une Estimation temps de course pour la Diagonale des Fous ici

passage diagonale des fous
Temps de passage Diagonale des Fous

Une sélection des indispensables : sac de couchage de survie, sac de couchage avec matelas, soupe repas complet, sac à dos imperméable pliable avec chargeur

Assistance Diagonale des Fous – Récit d’un accompagnateur

Le Grand Raid c’est bien plus qu’un voyage, c’est une aventure inoubliable, au paradis des randonneurs et des amoureux de la nature.
Personnellement, j’ai décidé de vivre l’aventure de la Diagonale des Fous à travers le regard de ma moitié, afin de la soutenir durant ce défi hors norme. Et je peux vous dire que l’assistance sur ce genre d’épreuve, c’est fatigant physiquement et mentalement.

Après une journée farniente, la nuit est tombée, le stress et l’excitation monte. Après quelques minutes de voiture, nous garons notre véhicule sur le parking et nous nous dirigeons vers la navette.
L’ambiance est bonne, les gens sont joyeux, mais je commence à stresser. J’ai peur de me perdre ou de ne pas être présent au bon moment.
Après 10 minutes de bus, on suit les habitués jusqu’à la ligne de départ. Je note le nom de la rue dans mon téléphone pour le retour. Hé oui, moi et l’orientation ça fait 2 !
On arrive sur place 1h avant le départ, c’est blindé de monde. Un bisou, quelques photos et je l’observe entrer dans l’arène. J’ai un petit pincement au cœur d’être un simple spectateur, mais je suis très heureux de jouer un rôle important dans sa course.
J’essaie de me trouver une place correcte pour observer le départ, mais la foule est énorme. J’ai l’impression d’être dans l’arène d’un concert.

Le départ de l’assistance sur la Diagonale des Fous

Navette Diagonale des Fous
Navette Diagonale des Fous

Le départ est donné pour les handisports quelques minutes avant le départ officiel. Je ne les connais pas, mais j’admire leur détermination, il montre que tout est possible.
22H, l’aventure commence pour ma chérie et pour moi, par la même occasion. Quelle ambiance de dingue, du jamais-vu, les gens crient, sifflent et applaudissent sur des kilomètres.
Je me dépêche de rejoindre la navette afin de récupérer mon véhicule. Mais il y a du monde qui attend, j’arrive à me glisser tant bien que mal, je ne savais pas qu’il était possible de mettre autant de personnes dans un bus. J’ai l’impression d’être dans un métro parisien en pleine heure de pointe.

Bon, tout va bien jusque-là, je ne me suis pas perdu.

Arrivée dans ma voiture, la galère commence, pas de réseau pour me guider jusqu’au premier point de ravito. Je prends donc le road-book papier que ma chérie m’a confectionné pour l’occasion, mais cela ne m’aide pas autant qu’un GPS.
Le calvaire que j’appréhendais arrive, je suis dans les bouchons et je ne sais pas trop où je vais. Quand le GPS se met enfin à capter, je m’aperçois que je viens de rouler 45mn dans le vent, car je suis dans le sens inverse !

Domaine Vidot

J’arrive enfin au Domaine Vidot, je regarde ma montre et je prie pour qu’elle ne soit pas encore passée. Sa balise m’indique qu’elle n’est pas très loin. Je me gare comme je peux, en mode cow-boy donc, et je continue mon chemin à pied durant 1km. Je réussis à l’avoir au téléphone, mais elle m’indique qu’elle repart.

Non, attends deux minutes, je viens de rouler 2h !

Finalement, j’ai mon bisou et tout va bien pour elle. Je lui indique qu’elle tourne bien et qu’elle a de l’avance sur son passage. Malheureusement, quelques minutes plus tard, elle m’avertit qu’elle est dans les bouchons.

Notre Dame de La Paix

Je reprends mon véhicule, direction Notre dame de la Paix maintenant. Des virages en veux-tu en voilà, que des lacets, le GPS me fait passer par des routes qui me font peur. Plus je roule, plus je me dis que ce n’est pas possible, ce n’est pas par là. Alors je décide de m’arrêter pour regarder la carte, mais apparemment, c’est le bon chemin, alors je continue.

J’aperçois de nombreux véhicules stationnés le long d’un champ. Je décide de continuer au maximum pour être au plus prêt du ravito, sauf que je suis bloqué, car des coureurs remontent à cet endroit. Je stationne comme je peux, je sors, mais je ne vois pas le ravito. Il commence à faire froid, je demande à d’autres personnes la direction, on me précise que c’est bien plus bas. Merde, comment je vais faire, il n’y a pas moyen que je fasse 5km avec mon baluchon et mes provisions.

Je décide donc de descendre au maximum avec mon véhicule. Je croise pas mal de coureurs, certains marchent, d’autres courent sur cette portion bitumeuse. Il fait très froid, l’herbe est givrée à certains endroits, c’est incroyable. Il fait si chaud la journée, le contraste est renversant. Finalement, après 3km, j’arrive au bout du chemin, la route est bloquée par des barrières. Je poursuis donc à pied durant 10 minutes.

Il y a du monde, beaucoup de coureurs se changent pour passer la nuit. Mais je n’ai jamais vu un ravito aussi dégoûtant. Les peaux d’orange, les fruits secs et les gâteaux sont éparpillés sur la table. Clairement, il faut vraiment en vouloir.

Je n’ai pas de réseau et je n’arrive pas à joindre ma moité. Après plusieurs tentatives, j’arrive enfin à la prévenir par sms que je suis sur place. Je suis gelé, sous l’empressement, j’ai enfilé vite fait mes baskets sans chaussettes, c’est une très mauvaise idée car je ne sens plus mes orteils.

Ma chérie m’envoie un message pour me préparer son sac de couchage. Je trouve un endroit libre, à l’abri du vent, à coté d’un van et je prépare tout. Le temps est long, je suis gelé à force de rester statique. Je reçois un nouveau texto me conseillant de me reposer. Pour moi, ça veut dire qu’elle ne sera pas là avant un moment. J’enfile donc le poncho de ma chérie avant de me glisser sous le sac de couchage.

2h passent, soudain, je l’entends crier mon prénom. Il n’a fallu qu’un court instant d’inattention pour louper son passage. Du coup, j’ai le droit à un savon, car elle m’a cherchée et elle a remonté la côte en apercevant ma voiture en contre-bas. Bref, j’ai merdé, moi qui voulais l’accueillir les bras ouverts, c’est un peu loupé ! Je la laisse s’installer et se reposer 20mn, puis elle repart, je ne la reverrais qu’au lever du jour.

Nez de Bœuf

Direction Nez de Bœuf, je connais le chemin, je trouve donc facilement. En effet, nous y sommes passés dans la semaine pour admirer le Piton de la Fournaise.
J’ai un peu de temps devant moi, donc je me gare sur le parking et j’en profite pour dormir un peu, mais j’ai vraiment très froid. Le jour se lève, je sors pour me diriger vers la navette, mais le chauffeur me dit que le prochain départ est dans 30mn ! Je ne vais pas passer mon temps à attendre, au risque de la rater une nouvelle fois. J’aperçois des véhicules descendre, je décide donc de rejoindre le ravito en voiture, après avoir négocié avec les bénévoles.

Le soleil me réchauffe un peu et je pense à ma chérie, ça doit lui faire du bien aussi. J’installe le matos sous une grande tente. La voilà, je trouve qu’elle a bonne mine, mais elle décide malgré tout de dormir un peu. Moi, je suis rincé, mes yeux se ferment tout seul. L’endroit est parfait, sauf que des bénévoles font un bruit de dingue en écrasant des bouteilles en plastique avec leurs pieds. Un bisou, une photo et elle repart sur les chemins après 30mn de pause.

Mare à Boue

Direction Mare à Boue, pas de problème pour trouver. Je me stationne le long de la route et j’attends son arrivée en regardant sa balise. Maintenant je sais qu’il y a toujours un décalage, elle ne devrait plus tarder.
Je lui envoie un message pour savoir si elle a besoin de quelque chose, elle me répond un sac de couchage. À ce moment-là, je me dis waouh, elle vient de dormir et elle va redormir, ça va être chaud pour les barrières horaires.

À la sortie du chemin je l’aperçois, elle a toujours bonne mine, mais elle a besoin de dormir. Je lui indique que le ravito est bien plus bas et qu’il faudra marcher 2km. C’est une longue ligne droite interminable, mais nous faisons le chemin ensemble, main dans la main. La fatigue se fait ressentir pour moi aussi, avec en plus, un mal de tête. Après quelques minutes seul, car je n’ai pas accès au ravito, elle sort et je repars.

Cilaos

Direction Cilaos, mais la route est longue, étroite et sinueuse. Les virages sont impressionnants et fatigants. J’essaie d’être vigilant, mais le manque de sommeil et la chaleur me font rouler les yeux et je me fais peur à quelques reprises.

J’arrive dans une ville perdue, au milieu de nul part, après 2h de voiture. Il y a des travaux, un marché et des coureurs. Autant vous dire que pour circuler et trouver une place, c’est la galère. J’arrive miraculeusement à me stationner dans une petite ruelle, où je vais devoir sortir en marche arrière. J’ai la tête en vrac, je suis rincé et j’ai faim. En effet, je n’ai pas mangé depuis hier soir. Je prends donc le temps de manger un sandwich et j’installe le matos dans un jardin réservé aux raideurs. Ma chérie m’avertit que ça va être compliqué d’être dans les temps, en vue des difficultés et de sa fatigue.

Je décide de me reposer un peu pour pouvoir tenir cette nuit. Après une sieste d’une heure, je me réveille encore plus mal qu’avant. Après plusieurs tentatives, j’arrive enfin à la joindre, mais elle me dit qu’elle ne m’a pas trouvé et qu’elle doit repartir. Et merde, je ne suis pas au bon endroit. Je pensais qu’elle passerait par ce point de passage. En effet, certains raideurs y passent pour dormir, manger un morceau et prendre une petite douche, mais ce n’est pas le ravito officiel. Elle est énervée, mois aussi, bref on est dégoûté tous les deux. Au final, j’ai juste le temps de lui faire un bisou.

Taïbit

Je reprends la route quelques minutes pour me diriger vers Taïbit. J’arrive à me stationner avec du mal, dans un virage, au bord d’un ravin. La vue panoramique annonce la technicité du terrain, la nuit tombe et la fraîcheur commence à se faire sentir. J’attends ma moitié à l’entrée du Cirque de Mafate et de ce mur qu’est Taïbit.
Le timing est de plus en plus serré et je me dis qu’elle n’aura pas le temps de se reposer. Je vois des coureurs redescendre en disant que ce n’est pas la peine, car ils ne passeront pas la prochaine barrière horaire. Ma championne n’a pas encore pointé le bout de son nez, je sais déjà que ça va être compliqué pour elle. Je ne sais pas comment elle va réagir. Elle m’envoie un message pour me dire qu’elle est lucide et qu’elle sait très bien que c’est mort. En effet, une fois engagée, elle n’aura plus de solutions de rapatriement, il faudra qu’elle ressorte du Cirque par ses propres moyens.

Elle m’annonce donc au ravito qu’elle arrête là, même si elle a 30 minutes d’avance ce n’est pas assez, surtout vue son état de fatigue. Elle préfère jouer la sécurité et rend son dossard sans regret. Je suis très fière de ce qu’elle a accompli et j’aurais temps aimé vivre cette aventure à ses côtés. Mon tour viendra un jour et nous échangerons les rôles.

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