Récits de course

Grand Trail des Templiers 2017 – Récit de course

trail des templiers les causses
Grand Trail des Templiers – les Causses

10 mois d’attente, 10h de route, me voilà prêt à arpenter les Causses du Grand Trail des Templiers.

Après avoir suivi la Brune, la Rousse et la Blonde sur l’Intégrale des Causses vendredi c’est mon tour. S’occuper de la logistique et mettre l’ambiance à coup de cloche et de corne de brume ça use, on a parcouru avec mon pote 27km à pied au final.
En plus, j’ai ressenti une douleur à l’arrière de la cuisse, j’espère rien de méchant.

 

Grand Trail des Templiers 2017 – 76km 3540D+

profil dénivelé grand trail templiers
Profil du Grand trail des Templiers

Équipement

Baskets Adidas Terrex Skychaser, short et tee-shirt trail Kalenji, manchons bras, sax Oxsitis Hydragon 17L, bâtons Leki, veste imperméable Cimalp, lampe frontale Petzl

Alimentation

Boisson d’effort maison, gel maison, Mars, compote

 

Récit de course

Dimanche, le réveil sonne à 4h15, j’ai vraiment pas faim mais je mange quand même une banane et je saute dans ma tenue de combat.

5h15 direction la ligne de départ du Grand Trail des Templiers, les rôles s’inversent, les filles passent en mode logistique.
Il fait frais mais je décide de ne pas trop me couvrir car l’an dernier j’ai eu très vite chaud. Pour l’instant les jambes vont bien, pas de douleur.

On arrive dans les derniers donc pas le choix que de se mettre en bout de ligne. J’essaie d’avancer un peu pour rejoindre les copains mais certains coureurs font barrage en disant “tu passes pas”. Tant pis !
Avec mon pote on s’encourage, on se regarde, l’émotion monte, surtout lorsque la musique d’Era et le décompte retentissent.

 

Le départ – Millau 6h

Départ Trail des templiers
Départ Trail des templiers

On démarre en marchant sous les fumigènes rouges, puis on part en petite foulée sur la partie bitume. Je décide de rester dans les pas de Link qui donne le tempo et on remonte petit à petit dans le peloton.

Je suis parti beaucoup moins vite que l’an dernier et j’aborde la première montée sans difficulté. J’accroche les 2/3 avec Link puis je le laisse dans sa lancée car j’ai pas envie de me cramer dès le début.

Arrivé en haut j’essaie de me caler et bien me positionner pour ne pas être emmerdé dans la descente qui va suivre. Je double difficilement quelques coureurs, certains râlent, je fais le sourd.
Je me sens vraiment mieux que l’an dernier, je pars sur un terrain connu, je sais donc où accélérer et où ralentir.

 

Ravito Peyreleau – 22km

Festival Trail des templiers
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J’arrive au premier ravito en 2h50 sous les applaudissements du public, j’ai quelques minutes d’avance par rapport à l’an dernier. Ma chérie est sur place avec les copines, j’ai la forme. Mon pote viens de quitter le ravito, je trouve ça bizarre car il avait de l’avance et il est plus rapide.
Je bois un verre de St Yorre et je repars.

Je sais que la montée va piquer alors je sors mes bâtons. J’attaque tranquillou en petit pas sur le conseil de ma chérie. Beaucoup me doublent, je relance quand je peux et je m’arrête parfois quelques secondes. Je sens que ma cuisse gauche tire alors je prends un cachet de Sportenine, mais rien y fait.

Je suis presque en haut de cette fameuse montée quand des crampes se manifestent violemment. Mes deux cuisses sont complètement bloquées, je serre les dents pour finir la côte. Je m’assois pour m’étirer et essayer de les faire disparaître, mais rien à faire !

Après quelques minutes je redémarre en petite foulée, elles disparaissent petit à petit.
Ça déroule donc je relance et je redouble quelques coureurs, pas facile car il y a beaucoup de monde à certains endroits.

 

Ravito St André de Vézines – 33km

Festival Trail des templiers
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J’arrive au ravito 2 en 4h55, cette fois-ci j’ai quelques minutes de retard sur l’an dernier. Ma chérie et les copines sont toujours là pour m’encourager.
Je souffre déjà et j’ai pas encore fait la moitié du parcours, je suis dégoûté !

Je mange quelques morceaux de pomme, je bois du coca mais je ne traîne pas.
Le vent monte et une pluie glaciale fait son apparition, bizarrement je suis content car cela va me faire du bien aux jambes. J’enfile ma veste imperméable et je continue mon chemin, les jambes vont mieux.
Ma chérie me dit “lâche pas, c’est maintenant que tout se joue !”

Je repars gaiement sur les chemins à une bonne petite allure et je redouble certains coureurs. Cette partie est plutôt roulante et en single jusqu’au 37° km.

Puis cela remonte, malgré les crampes qui reviennent je monte en une seule traite à un bon rythme.
Mais arrivée en haut je dois à nouveau m’arrêter à plusieurs reprises et m’assoir sur le bas côté. Je prends même l’un de mes bâtons comme rouleau de massage lol.

Je vois des dizaines et des dizaines de coureurs me passer devant, certains me demandent si ça va mais je suis dégoûté, je sais que ça va être compliqué de reprendre ma place.
J’arrive de nouveau à courir et détendre mes cuisses quand ça descend et j’essaie de déconnecter mon cerveau pour faire disparaître la douleur. Plus facile à dire, qu’à faire mdr.

 

Ravito La Roque Ste Marguerite – 43km

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J’arrive au village en 6h40, j’ai repris un peu de rythme et je descends les escaliers sous les applaudissements de la foule. Les filles sont là aussi pour m’encourager, ça fait du bien, surtout que je ne les reverrai plus avant Massebiau.

J’arrive au point d’eau, je fais le plein et je repars sur le pont.
Une belle côte de 3km avec 10% de dénivelé positif m’attend.
À peine commencé les crampes reviennent. Je continue ma progression sur quelques mètres avant de me mettre sur le côté pour masser mes jambes.
Un coureur me donne même un comprimé à croquer qui me fera du bien quelques instants.

J’arrive en haut de la montée, ça redescend donc je donne ce que je peux et je redouble quelques coureurs. Ils doivent me prendre pour un barjot car peu de temps avant je gémissais sur le bas côté mdr.

 

Ravito Pierrefiche – 47km

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J’arrive au ravito 4 en 7h40. Je décide de ne pas trop trainer, je bois juste du coca et de la St Yorre et je repars. L’an dernier je m’étais beaucoup trop attardé sur ce ravito et j’avais pris froid.

J’adore cette partie avec beaucoup de relance, je suis bien, je déroule quand brusquement je dois me stopper net ! Les douleurs reviennent et je suis obligé de m’allonger au sol.

J’envoie un message à ma chérie car je suis trop déçu de ma course. Elle me répond “C’est pas le moment de flancher…Bois un coup, étire toi, ton cerveau prendra le relais” mdr qu’elle est drôle, je fais que ça !
Sur ce je me reconcentre, je mets mon baladeur et je repars. La musique me booste, ma vitesse augmente et je reprends un bon rythme de croisière.

Après 12 kilomètres sans douleur les cuisses se contractent de nouveau. Je suis de nouveau en standby le cul sur un tronc d’arbre entrain d’essayer de faire partir ces fichues crampes !

Je repars en petit trot derrière un groupe de coureurs trop lent à mon goût, un coureur derrière moi me dit “pardon, j’aimerai bien passer”, je lui réponds “moi aussi, mais ça va être dur”. J’arrive à me frayer un chemin et je descends comme un missile jusqu’à un autre bouchon.
Quand une gonzesse casquette retournée, short rose, déboule comme un avion de chasse et arrive à passer, je décide de la coller pour dévaler la pente. Merci à elle !

 

Ravito Massebiau – 65km

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J’arrive au pont de Massebiau où la foule m’acclame tel un athlète des JO, ça donne la niaque et beaucoup d’émotion.
Ma chérie et les copines sont là aussi, je suis au 65°km et j’ai maintenant 15 minutes d’avance sur l’an dernier, cool.

Je bois un coca et j’attaque la montée du Cade où je sais que je vais galérer vue l’état de mes jambes. Ma femme me dit “on se voit à l’arrivée”.

Au début ça va, j’essaie de ne pas trop forcer, mais ça ne change rien alors je serre les dents. On me double, je m’arrête très souvent à cause des crampes mais aussi pour reprendre mon souffle. Je la voyais pas aussi dure cette montée !

 

Ravito Le cade – 69km

Ravito Grand Trail des templiers
Ravito Grand Trail des templiers

Je suis en haut, direction le refuge où je croise des supporters d’min coin lol.
J’abrège le dernier ravito, il y fait tellement chaud, il y a tellement de bonnes choses… si tu te poses, t’es mort !

Le temps est pourri, il fait froid mais j’ai la flemme de sortir ma veste.
Je continue mon chemin en alternant marche et course. La nuit tombe, moi qui voulait arriver avant qu’il fasse noir, c’est mort.

Je suis seul sur le parcours, plus personne devant ni derrière, j’ai pas encore mis la frontale.
Après avoir dépassé l’antenne j’arrive à une intersection avec deux ficelles, une avec du rubalise et l’autre sans rien. Je passe sous la ficelle avec rubalise et je descends, mais je m’aperçois au bout de quelques minutes que j’ai fait fausse route.
J’appelle ma chérie pour lui dire que je suis perdu, mon pote Link m’explique qu’il faut prendre les marches à l’intersection.

Allez hop demi tour, je dois tout remonter, je suis très énervé et essoufflé mais je retrouve le chemin. C’est de ma faute, si j’avais mis ma frontale plus tôt j’aurai vu les bandes réfléchissantes au sol. Résultat je me retrouve dans un bouchon avec plusieurs coureurs dans la descente.

La Grotte du Hibou passée j’aperçois le panneau 2km, j’accélère comme je peux mais la descente est une vraie patinoire.
Je double quelques coureurs avant de chuter violemment, mon poignet droit se claque sur la roche et ne je sens plus mes doigts. Je suis un peu sonné et j’ai mal au dos. Des coureurs m’aident à me relever, je suis broyé de partout.
Je continue malgré tout à avancer en me disant que c’est la fin, mais j’ai peur de tomber à nouveau.

L’arrivée est proche, enfin, j’accélère, les spectateurs nous acclament, ma chérie est là aussi, je manque de tomber sur les premières marches, je suis au bout de ma vie.
Je passe l’arche en bois des Templiers en marchant, pour savourer cette fin tant attendu au bout de 14h50 de course.

 

Après course

Repas Grand Trail des templiers
Repas Grand Trail des templiers

Je suis très déçu de ma course qui a été laborieuse : j’ai eu des crampes, je me suis perdu, j’ai fait 1km de rab, j’ai même eu le droit à une une belle chute.

Mais j’en retiens aussi du positif : j’ai travaillé le mental lol, j’en ai pris plein la vue, j’ai aussi pu tester la solidarité entre coureurs. Et malgré tous les pépins de course, je fais le même chrono que l’année dernière.

 

Avis sur le Grand Trail des Templiers

J’adore cette course, elle est magique, même s’il y a parfois un peu trop de coureurs et donc des ralentissements. L’ambiance est vraiment exceptionnelle car il y a beaucoup de spectateurs.

Le paysage dans ces Grandes Causses est grandiose et les ravitos sont très complets !

Les cadeaux sont vraiment top (tee-shirt trail, coupe-vent sans manches Kalenji, Buff, médaille), les ravitos sont très complets et le repas d’après course à l’aligot aussi.

Le pack photos est proposé à 35€ par un prestataire.

L’an prochain je reviens mais pour vivre une nouvelle aventure et voir d’autre paysage sur l’Endurance trail.

 

Récit de Elle sur l’Intégrale des Causses

 

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