Récits de course

L’échappée Belle 2017 – ultra trail – récit

Col Moretan - L'Échappée belle
Col Moretan – L’Échappée belle

L’Échappée Belle, le trail le plus dur de France ? Des chemins techniques et des paysages à vous couper le souffle !

Taux d’abandon 2017, statistiques :

  • Traversée Nord 85km : 36% –  côte ITRA min. 372 – côte moyenne 50 derniers : 468 – 54% mettent plus de 23h
  • L’intégrale 144km : 50% –  côte ITRA min. 406 – côte moyenne 50 derniers : 517

L’Échappée Belle – Traversée Nord – 85km 6000D+

Profil de l'Échappée Belle - 85km
Profil de l’Échappée Belle – 85km

Équipement

Baskets Kalenji XT7, short et tee-shirt trail Kalenji, manchons bras, sax Oxsitis Hydragon 17L, bâtons Leki, veste imperméable Cimalp, lampe frontale Petzl

Alimentation

Boisson d’effort maison, gel maison, Mars, compote, jambon

 

Récit de course de l’Échappée Belle

L’avant course

dossard echappée belle
Retrait des dossards pour l’Échappée Belle, l’attente

J-2, on se gare sur le parking et on marche 10 minutes vers la salle pour le retrait des dossards. Il y a la queue jusqu’à la route !
En effet, l’organisation de l’Échappée Belle vérifie que l’équipement obligatoire est bien présent dans chaque sac.
Mon homme dans la précipitation oublie le roadbook que je lui ai fait. Je lui dis : “si tu vois un autre coureur avec, c’est le tien, il est unique !”
Ensuite on retire notre dossard et on nous donne un grand sac de lestage et un tee-shirt Dynafit.

Jour J – 3h

echappée belle dortoir
L’échappée belle – dortoir

Debout 3h, le jour J est enfin arrivé, quand je sors je m’aperçois qu’il pleut, c’était pas prévu au programme.

Je décide de mettre mes lentilles avant de partir. Dans la salle dortoir il y a un vestiaire femme où il y a un lavabo et un miroir. J’en profite aussi pour aller aux toilettes. Il n’y a personne car nous ne sommes qu’une quarantaine de féminines. J’espère que je vais supporter mes lentilles plus de 24h.

Les navettes sont à côté de la salle, je donne mon ticket et je m’installe dans le bus déjà bondé (il y en a 4 en tout). Il part à 4h10 d’Aiguebelle.

Dans le bus navette – 4h

Le silence règne, tout le monde somnole ou est dans ses pensées.
J’aperçois quelques orages, ça me fait un peu peur.

Je fais remarquer à mon homme que le coureur à coté de lui a le tee-shirt de l’Ardenne Mega Trail. De là s’engage une discussion.
Puis il sort un roadbook, mon homme rigole et dis : “tu l’as eu où ?”
Il raconte qu’à la base il s’était engagé sur le 144km mais ayant loupé la navette il s’est rabattu sur le 85km. Un de ses potes s’étant désisté à la dernière minute lui a filé. Bref notre roadbook avait déjà commencé son aventure lol.
Mais la probabilité pour que cela arrive, franchement, sur 500 coureurs ! Bref c’est le destin…

Au bout d’une heure de route on s’arrête en plein col et le bus essaie de faire demi tour. Quand l’arrière sort de la route tout le bus tremble et tous les coureurs se réveillent. Il s’est trompé de route !
On redescend et à l’intersection rebelote, il fait une manœuvre dangereuse, passe même la première en pilant au lieu de la marche arrière au bord du ravin ! Je suis bien contente d’avoir mis ma ceinture même si elle me serre à mort, je suis la seule certainement lol.

Arrivée à Pleynet – 5h45

l'echappée belle départ
L’Échappée Belle, départ

Bref on arrive après 1h30 de trajet en bus sur la base de ski de Pleynet. Juste le temps de faire un pipi dans la nature car les 3 toilettes disponibles sont bondés.

Je mets mon sac sur le dos, il pèse 20% de mon poids, j’ai l’impression d’être un âne.
Ensuite je passe dans le sas de contrôle, on vérifie que mon sac a été contrôlé et on bipe mon dossard.
Photo de départ et on s’installe parmi les autres coureurs.

Le départ – 6h

l'échappée belle en couple
L’Échappée Belle en couple

Je prends la main de mon homme, on se regarde, on se fait un bisous et je vois aussi dans son regard que la tension monte. C’est le premier que l’on va faire côte à côte.

5,4,3,2,1 c’est parti !

Lui : Mes gourdes tombent du sac dès les premières foulées et les coureurs jouent au foot avec. Je réussis à les récupérer avec bien du mal. Ça commence bien lol.

Cela monte direct et un bouchon se forme rapidement à un rétrécissement.

Après 1km de boucle on repasse à coté du départ mais mon homme s’arrête déjà aux toilettes.

Lui : Je n’ai pas eu le temps d’y aller et j’ai vraiment trop mal au ventre !

J’en profite pour ranger déjà ma frontale car le jour se lève. Quand monsieur sort je le presse car le serre fil ne va pas tarder.

On s’engage ensuite dans une descente comme je les aime, sinueuse entourée d’arbres et de mousse.

Problème il fait plus sombre, heureusement les autres coureurs éclairent le chemin. Mais je me tords la cheville droite au bout de 15 minutes, je me dis “non pas maintenant”. Du coup je redouble d’attention dans cette longue descente.

On sort du bois, le jour est bien levé maintenant, mon homme s’arrête pour ranger sa frontale et moi j’en profite pour resserrer mes chaussures.

La première montée – 8°km

échappée belle montée valloire
L’Échappée belle – la montée Valloire

On se dirige vers la première montée dans une pinède, je décide de ne pas sortir mes bâtons tout de suite, je les garde pour Moretan.

Au bout de 15 minutes je regrette un peu car je n’imaginais pas qu’elle était si raide en voyant le graphique. Mon homme m’attend un peu et quelques coureurs nous doublent.

Sans compter le poids de mon sac sur les épaules, c’est horrible, je ne sais pas comment je vais supporter ça durant 26h. J’essaye de l’ajuster, mais rien n’y fait, cela me fait toujours aussi mal aux épaules.

Je me dis que c’est bientôt fini plusieurs fois mais non. Quand on sort du bois et que je lève la tête, je me dis en voyant le haut de la montagne que je suis loin d’être au bout.

Lui : Si c’est la plus petite côte on va en chier ! Tu sors pas tes bâtons ?

La deuxième partie est plus exotique avec des fougères, des rochers à escalader et des rivières à franchir. Et je préfère avoir les mains libres.

échappée belle montée valloire
L’Échappée belle – la montée Valloire

Enfin on attaque une partie plus dégagée et une averse tombe. Je sors ma veste mais je l’enlève au bout de 10 minutes.

Je rattrape les coureurs qui m’ont doublée et c’est maintenant moi qui attend mon homme.

Lui : Je peux pas faire le reporter et être devant lol.

échappée belle montée valloire
L’Échappée belle – la montée Valloire

Juste après un pont et un paysage fleurie magnifique on arrive à un point d’eau, il y en a régulièrement entre les ravitos.

echappée belle montée valloire
L’Échappée belle – la montée Valloire

Puis cela grimpe encore et on en profite pour faire une photo du panorama. On vient de faire 1000D+ en 5km.

Quand on voit que cela commence à redescendre et que l’on peut dérouler on fonce et double plusieurs coureurs. On se dit ça y est ça descend…

Mais dans l’euphorie on manque un balisage et quand on se retourne on voit que les autres coureurs sont sur un autre chemin. Et merde il va falloir tout remonter ! Et croyez-vous qu’ils nous auraient appelés, quenini !

La descente – 12°km

La descente arrive enfin, on déroule un peu et on redouble les autres coureurs. Elle est aussi longue et raide que la montée, donc ça chauffe vite aux cuissots et aux genoux. Mais on ne freine pas trop car le temps défile et j’aimerai avoir 1h d’avance sur la première barrière horaire.

J’entends mon homme crier derrière moi.

Lui : Je glisse sur une pierre et j’essaie de me rattraper comme je peux avec mes bâtons, mais je chute violemment sur le bord du ravin. Mon genoux et ma cheville craque et là je hurle de douleur.

Il souffre et reste assis. Je reste près de lui un moment et il me dit : “vas-y je te rattraperai !”

Je continue donc mon chemin, tout défile dans ma tête, et s’il ne revenait pas, vais-je déjà continuer seule ?

Plus personne devant ou derrière moi.

Au bout de 10 minutes de descente j’entends un coureur derrière moi, ça ne peut être que mon homme. Je me retourne et je le vois, ouf !

On ralentit car la descente est bien raide parsemée de pierres et de racines. Vers la fin le terrain se dégage et on passe devant le lac Leat.

Premier ravito – 18°km / Barrière horaire : 11h

On arrive au premier ravito à 10h15, je pensais faire moins. Nous avons 45 minutes d’avance.

Une bénévole nous demande de désinfecter nos mains, c’est super, dommage que ce ne soit pas sur tous les ravitos.

On retrouve un ami et je prends une soupe. Elle est trop trop bonne, faite maison avec des morceaux de légumes, du vermicelle et beaucoup de goût. Bref ça fait trop du bien, merci à la cuisinière !

echappee belle soupe
L’Échappée Belle, soupe

Je mange aussi un bout de banane et des noix de cajou et je bois de l’eau gazeuse.

Ensuite je presse mon homme pour repartir car nous sommes déjà là depuis 15 minutes. Je sors mes lunettes et ma casquette car le soleil est de retour.

En sortant je passe aux toilettes sèche et je repars en marchant car mon homme veut aussi y faire un arrêt.

Ascension du Col Moretan – 10h30

J’attaque Moretan, cette fameuse montée dont j’ai tant entendu parler, je vais enfin la découvrir. J’ai 1400D+ à arpenter en 5km.

Je me retourne régulièrement mais je vois bien que mon homme peine au loin.

Lui : Je peine à respirer, mon genoux me fait un peu mal et la montée me fait peur, alors j’y vais prudemment.

Mon ami me double et me souhaite bonne course. Il me prévient aussi qu’il n’y a plus de rapatriement possible avant 17km et des heures de courses.

Col Moretan
Col Moretan

Je continue ma route sur des chemins boisés, je ne m’imaginais pas cette côte si verte, si belle. Je tombe sur une cascade, je décide de dériver un peu et de prendre quelques photos. C’est magnifique !

J’attends ensuite mon homme quelques minutes. Je lui demande comment il va et je le préviens qu’il est parti pour des heures. Il me répond que ça va mais qu’il manque de souffle. Je décide de partir devant.

Lui : Je suis ma chérie à distance, je vois qu’elle a plus de facilité que moi dans la montée.

À mi-chemin je rencontre une coureuse qui me dit que j’ai une bonne allure régulière. Nous allons faire un bout de chemin ensemble.

Quand je sors de la zone boisée j’aperçois de nouveau la cascade.

Je la traverse et dis “ça ne me dérange pas de souffrir pour voir ça !” Elle est dans le même état d’esprit que moi. C’est juste sublime, et quand je me retourne la vue l’est tout autant.

Col Moretan
Col Moretan

Dans ces moments là tu sais pourquoi tu participes à ce genre d’aventure. Et je me dis aussi que j’apprécierai encore plus en randonnée, je prendrai le temps d’admirer.

On traverse le pont et je retrempe ma casquette, ma figure et mon tee-shirt. Je fais cela régulièrement, il y a souvent des ruisseaux. Et heureusement car il fait très chaud.

Lui : Je contemple le paysage, c’est énorme. Je me retourne et je vois tout ce que j’ai déjà monté et je me dis waouh quand même ! Je suis toujours ma chérie à distance, avec son tee-shirt flash je la distingue parfaitement.

La deuxième partie est plus rocailleuse et sèche. J’arrive à un point d’eau, je prends un peu d’eau fraîche et je repars. Je vois au loin mon ami.

Je dois maintenant me frayer un chemin parmi les gros rochers car il n’y a plus de chemins tracés. Parfois c’est même difficile de trouver les drapeaux balises. Je fais un peu d’escalade aussi.

Col Moretan
Col Moretan

J’aperçois au loin mon homme en contre bas ça me rassure.

Lui : Je peine à monter, je m’arrête très souvent car mon cœur s’emballe.

Il n’y a pas d’ombre, je suis en plein cagnard et il est 12h. Je décide de m’arrêter quelques minutes pour mettre de la crème solaire et prendre quelques photos.

Des bénévoles passent en descendant, je leur dis en rigolant que je fais bronzette, ils me préviennent que je ne dois pas tarder car le serre fil n’est pas loin.

La coureuse qui m’accompagne dit “on dirait qu’elle est en vacances alors que moi je souffre”. Au moi aussi même si ça ne se voit pas.

Les rochers sont de plus en plus gros, j’ai de moins en moins de souffle à partir de 2000D+. Je me force à bien respirer à fond. Je vais savoir comment mon corps va gérer l’altitude.

Et cela passe plutôt bien, Je finis même par rattraper mon ami et quelques coureurs.

À 50 mètres du sommet un hélicoptère helitroye un coureur apparemment mordu par un Patou.

Comme aux Templiers je me prends la rafale. Je me mets en boule, attrape ma casquette au vol et je ferme les yeux jusqu’à ce qu’il s’éloigne. Quelques minutes très longues ou j’ai peur d’avoir de la poussière dans mes lentilles ou une pierre dans la tête.

Je ne vois plus mon homme et il va peut-être s’inquiéter.

Lui : J’aperçois l’hélicoptère, j’espère que ce n’est pas pour ma chérie. J’essaie de l’appeler mais sans succès. Je me retourne, plus personne derrière moi. Au merde !

J’arrive en haut de ce fameux sommet à 14h. On nous prévient qu’il ne va pas falloir trainer et que le prochain ravito est à 1h30.

Descente du Col Moretan – 14h  24°km

Col Moretan
Col Moretan

La descente est épique, même si le névé a fondu il faut descendre de rocher en rocher. Il faut trouver le bon appui et jouer les équilibristes. Un moment d’inattention et c’est fracture assurée !

J’entends l’eau qui coule en dessous.

Là je me dis que ceux du 144 qui ont traversé de nuit ont encore plus de mérite. S’il avait plu cela aurait été encore plus hard.

Au bout de 30 minutes je perds l’équilibre sur un rocher qui bouge et mon tibia cogne sur un autre rocher. La douleur est vive, je regarde de suite et je suis rassurée quand je ne vois pas de sang et que je peux poser le pied.

Je découvre des lacs et un petit glacier en contrebas. Je ne regrette vraiment pas de vivre cette aventure.

Vient une descente si abrupte et glissante que des cordes sont installées. Là je regrette d’avoir oublié mes mitaines car ça me brule vite les mains.

Col Moretan
Col Moretan

Puis je joue de nouveau à l’équilibriste sur les rochers.

Lui : Habituellement je suis bon en descente mais là je suis une quiche sur ce terrain. Alors quand t’es nul en montée et en descente, que le temps est compté et bien tu vois petit à petit ta chance de franchir la ligne d’arrivée s’éloigner.

Col Moretan
Col Moretan

Au loin j’aperçois le prochain ravito, à la vitesse où j’avance celui-ci se laisse désirer.

2° Ravito – 15h30  27°km

J’y arrive au bout d’1h30, comme l’orga nous avez précisé, accompagné d’un ami et la coureuse rencontrée à Moretan.

J’ai hâte de reprendre un peu de soupe et je suis un peu déçue quand on me tend une soupe de nouilles lyophilisée.

Quand je vois la rivière je me dis tant pis pour le temps perdu, je vais tremper mes pieds dans l’eau. J’en rêve depuis des heures tellement mes pieds chauffent. Bon je la fais courte quand même.

Courir après la barrière horaire

En quittant le ravito j’entends l’orga dire “ils repartent même s’ils n’arriveront pas à temps, mois je mets 3h30 pour parcourir ces 9km”.

J’ai qu’une envie à ce moment là c’est de lui montrer que je peux y arriver. En plus le terrain est légèrement déroulant, même si je me tords la cheville droite une troisième fois sur une pierre.

Puis j’entends un bruit, je me retourne et je vois ma lampe frontale à terre. Et merde mon sac s’est ouvert, je m’aperçois aussi que ma veste n’est plus là. Cela fait quelques minutes que je joue au Petit Poucet apparemment.

Du coup je suis obligée de tout remonter (vu le prix d’une veste), je croise un coureur mais il parle anglais, il m’explique que quelqu’un l’a ramassée. C’est mon ami un peu plus loin, ouf.

L’autre coureuse en me voyant s’aperçoit qu’elle a oublié ses bâtons au ravito, mais vu le manque de temps elle décide de ne pas faire demi tour.

À partir de ce moment je trace ma route et les laisse derrière moi. J’y crois encore, je me dis que je vais peut être pouvoir courir…

Lui : J’arrive au ravito au bout de 10h de course mais on refuse de me laisser repartir, pourtant il n’y a pas de barrière à ce point, je suis énervé. Il me reste 2h30 pour faire 9km mais on me répond qu’il me faudrait entre 3 et 4h. Je suis dépité mais content que ma chérie soit passée.

Je retourne dans une descente boisée abrupte qui n’en finit pas. Quand je vois l’heure défiler et que je ne vois toujours pas arriver la prochaine montée, je me dis que c’est mort !

Les larmes me viennent, je dois me faire à l’idée, je n’arriverai pas à temps. Aucun de nous 2 ne sera finisher.

échappée belle plan de l'ours
L’Échappée Belle, plan de l’ours

Puis vient un chemin plus roulant alors je déroule, on ne sait jamais sur un malentendu…

La montée finale – 31°km

Mais quand j’attaque la montée je me fais une raison. Je double plusieurs coureurs à bout sur le bas côté. Eux non plus ne seront pas finisher.

Elle est bien raide, 500D+ en 2km ! le paysage n’est pas extra comparé à celui d’avant, je sais que je vais être arrêtée, il fait très chaud, bref je suis au bout de ma vie à cet instant.

Mais je continue ma route. À mi chemin je m’arrête 1 minute assise à chaque coin d’ombre. Première fois que mon rythme cardiaque s’emballe. Le coureur que je viens de doubler fais de même à chaque fois que je m’arrête.

Montée Pierre du Carre
L’Échappée Belle, montée Pierre du Carre (un coureur au bout de sa vie se cache sur cette photo)

Je croise une personne qui descend, je lui demande si le ravito est loin, il me répond qu’il est à 3,5km et qu’un point d’eau est à 500m. Je me dis cool.

Sauf que cela monte encore sur 2km et que je ne le vois toujours pas venir. Cela continue à me saper le moral, il s’est foutu de ma gueule, ou alors il parlait d’un ruisseau ?

J’arrive enfin en haut de cette cote, normalement cela doit être plat maintenant, donc je range mes bâtons et je déroule un peu.

Mais quand je vois la suite je les ressors.

18h, la barrière est passée, j’ai qu’une envie, trouver un ruisseau ou un lac et me rafraichir dedans. Arriver plus tôt ou plus tard ne changera rien !

echappée belle rivière
L’Échappée belle, ruisseau

J’en trouve un facilement et j’y plonge mes pieds, ça fait trop du bien. Mais au bout d’une minute cela me fait mal tellement l’eau est froide. Je ne ferai donc pas trempette.

Comme je capte enfin j’appelle mon homme. Il a été stoppé au dernier ravito et marche 6km pour trouver une navette. Je l’avertis que je serai arrêtée à Super Collet.

Je relativise déjà car j’ai des souvenirs pleins la tête. Faire un trail ce n’est pas juste passer la ligne d’arrivée, avant tout c’est aller au bout de soi-même et découvrir des paysages magnifiques.

J’ai assuré quand même, mon homme a une meilleur VMA que moi, mon ami avait fait une super prepa, et pourtant je suis là. Bien sur j’aurai aimé aller plus loin pour tester mon mental.

3° ravito – 19h  37°km / Barrière horaire : 18h

Station Super Collet
Station Super Collet

Quand j’arrive au ravito de Super Collet et qu’on m’enlève mon dossard je dis : “le paysage est magnifique mais je n’étais pas assez rapide”. Inutile de se trouver d’excuse ou de douleur. On a toujours mal sur un ultra.

Et là j’enlève définitivement mon sac, et dans ma tête c’est : Libéré, délivrééé…

L’après course

C’est la première fois que je ne suis pas finisher, j’imaginais la scène plus dramatique lol. J’ai eu le temps de faire le point avant, ça sert aussi à ça un ultra, faire un reboot pour mieux redémarrer…

J’ai appris sur moi-même, je ne suis pas rapide mais régulière et tenace.

Et je crois au destin, c’est que je ne devais pas continuer, je me serai peut être péter une jambe. Vs Candide

Quand j’entre dans le bus je découvre qu’il est plein ! Je ne m’attendais pas à autant d’abandon ou hors délais. Nous serons au final 36% à ne pas sonner la cloche.

Et l’attente est longue pour retourner sur Aiguebelle et récupérer notre sac.

Le repas est un peu lourd pour mon estomac : polenta, saucisse, fromage et gâteau aux pommes. J’aurai adoré reprendre de cette délicieuse soupe. Et la boisson est un peu loin de la zone repas.

echappée belle repas
L’Échappée Belle, repas

Les bénévoles sont toujours aussi souriants et aimables même à cette heure tardive.

La douche est froide, dire que j’avais tant envie de me baigner dans une eau fraiche tout le long du parcours.

Et pour ceux qui se disent qu’ils n’ont pas le niveau, foncez, on ne sait jamais sur un malentendu… au pire vous vivrez une belle aventure dans un paysage magnifique.

Nous avions testé la première partie avant la course chez nous, et on était large au niveau de la barrière horaire. Mais la température, le poids du sac, l’altitude, le terrain et le dénivelé continu c’est autre chose que de faire des montées/descentes.

Et nous avons participé à bien d’autres trail et jamais nous n’avons avancé à 2km/h !

Bref il vaut bien le nom du trail le plus dur de France avec son terrain technique, ses barrières horaires courtes et ses 60% de finisher. Mais avant tout le paysage vaut le déplacement.

Vidéo de l’Échappée Belle

2 réflexions au sujet de “L’échappée Belle 2017 – ultra trail – récit”

  1. Très beau récit et de très belles photos… j’étais sur le 144 et dans la montée de la gde valloire j’ai bien failli abandonné tellement j’étais cuit,… mais pour moi, la situation à bien tournée et je me suis refais une santé au chalet éponyme. Comme vous, je trouve que ce trail est bien plus qu’une course, c’est une Aventure…

    1. Respect d’avoir terminé le 144km, c’est vraiment une course hors norme. Nous retenterons l’aventure d’ici quelques années 😉

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